LE TOURISME EST-IL EN CRISE ?



Un sondage online réalisé par FLM pour le compte des «Inspirations ÉCO» révèle que seulement 10% des internautes considèrent que le tourisme marocain est en crise.

Le tourisme est-il en crise ? La grande majorité des internautes ne semble pas le penser. En effet, seulement 10% des 1.099 internautes qui ont répondu à la question de Flm, cette semaine, ont estimé que le tourisme marocain est en crise. Les 90% restants restent confiants quant à la santé du secteur. Pourtant, au niveau des chiffres, le tourisme marocain semble ne pas avoir toujours réussi à redresser la barre après une mauvaise année 2015. Ainsi, la lecture des statistiques du tourisme en 2015 et 2016 fait clairement ressortir une baisse de fréquentation des touristes étrangers.

En effet, le Maroc avait perdu 5,3% des touristes étrangers en 2015 et plus de 6,3% des nuitées (-12,7% pour les étrangers dont -21% pour les Français). En 2016, sur les quatre premiers mois, le Maroc a enregistré un recul de 4% au niveau des étrangers ainsi qu’une baisse de 5,7% pour les touristes non-résidents. Pour les nuitées des étrangers, la baisse a surtout touché les Allemands (-23% ou -122.347 nuitées), les Belges (-22.469 nuitées ou -13%), les Espagnols (-7% ou -13.501) ainsi que les Français (-39.477 ou -3%). Cette situation a été amortie par la bonne performance des Britanniques (+9% ou +43.648) qui représentent désormais le deuxième pourvoyeur de nuitées avec une bonne moyenne de 2,9 nuitées par touriste contre une moyenne nationale de 2,1 et une bizarrerie espagnole de 0,35. Notons aussi que les touristes des pays arabes ont généré 43.743 nuitées de plus (+15%).

Pour comprendre ces chiffres et avoir une idée sur les perspectives, les statistiques du SETO (syndicat français des entreprises des TO) sont riches en enseignements, surtout que cet échantillon est révélateur, même s’il n’est pas exhaustif. Ainsi, sur la période allant du 1/11/2015 au 30/04/2016, le Maroc a perdu 30% de ses touristes français à forfait à 65.214, quand les Canaries ont en gagné 12% à 146.640 et le Portugal 22% à 26.297. Pour l’été, les commandes de voyage estival à forfait pour le Maroc au 31 mai sont en chute de 37,6%, même si la Tunisie (-78,6%) et la Turquie (-77,4%) sont en net dévissage.

Ainsi, il apparaît clairement que le Maroc est distancé par le Portugal et l’Espagne qui ont récupéré les touristes de la rive sud de la Méditerranée. Surtout, l’Espagne a réussi son coup marketing en positionnant les Canaries et les Baléares comme des destinations à part, permettant aux touristes de découvrir de nouveaux horizons, relativement à l’Espagne continentale. C’est ainsi que, malgré leur statut minoritaire, ceux qui trouvent que le tourisme marocain est en crise trouvent, dans ces chiffres, une démonstration de leur diagnostic. Les autres majoritaires trouvent, eux, que l’évolution des arrivées est purement conjoncturelle, en lien avec les événements sécuritaires. Surtout, concernant 2016, tous les espoirs sont permis avec la COP 22 et ses effets directs et indirects en termes de tourisme durable. De plus, l’ONMT multiplie la prospection de nouveaux marchés et vise raisonnablement à atteindre 200.000 touristes russes et plus de 100.000 touristes polonais, notamment grâce à des actions de communication et des accords signés avec des TO. De même, un Fonds de garantie de crédits bancaires a été créé. Ce fonds sera doté d'un budget de 400 MDH pour la période 2016-2020 et sera plutôt orienté vers les stations Azur.

Farid Mezouar DG de FL Market

Des effets néfastes

Les Inspirations ÉCO : Comment expliquer les chiffres de 2015-2016 ? Farid Mezouar : Le Maroc a partiellement pâti de la désaffection envers la Tunisie, l’Égypte et la Turquie, qui s’est propagée à tous les pays musulmans de la Méditerranée. Aussi, cette mauvaise conjoncture a été le catalyseur qui a mis en exergue certains maux structurels comme l’animation insuffisante, l’absence de culture orientée touristes dans les villes phares et la non optimalité de l’aérien. Que faire pour remonter la pente ? Il faudra certainement gagner la bataille marketing et mitrailler le marché européen par une communication ciblée distinguant clairement la situation sécuritaire au Maroc de celle en Égypte ou en Tunisie voire en Turquie. Aussi, il ne faut relâcher la bataille de l’offre aérienne, notamment au niveau des liaisons internes comme celle de Tanger et Agadir qui n’existe pas encore en direct.

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